Je crois que l’approche ultra « marketée » et lissée des émotions diffusées dans la société de consommation ne fait qu’amoindrir notre perception. Or nos émotions sont une information essentielle à la prise de décision.

Dans une société où l’on prône de plus en plus l’idéologie de la réussite individuelle, où l’on pousse au consumérisme et où l’on associe propriété, beauté impérissable et pouvoir comme idéal d’évolution humaine ; diverses études sociales, sanitaires et scientifiques révèlent que nous souffrons de cette idéologie de façon bien insidieuse (dépression, consommation anarchique de psychotropes, état de fatigue, douleurs corporelles, douleurs psychiques, augmentation du stress et de l’anxiété, besoin accru de reconnaissance, etc.). Les émotions sont une réalité mais notre société se forge sur des leurres.

Il est d’autant plus difficile alors de faire la part des choses entre le ressenti, la pression sociale, la manipulation et la psychose. Dans une société qui favorise la déstructuration des circuits de perception émotionnelle, l’individu se perd. A qui peut-on se fier sinon à soi même ? Mais si l’on déstructure les phénomènes naturels permettant l’existence de signaux fiables, comment être à l’écoute de soi et se faire confiance ? Comment faire des choix et mener sa vie ? Comment appréhender son environnement ? Comment appréhender l’inéluctable ? C’est dans ce cadre que je souhaite stimuler dans la perception de mes spectateurs la connexion à leurs propres émotions en faisant écho au système individuel de perception.